Source: https://goo.gl/RmkHvq

A l’heure où le Président de la République rompait son jeûne avec des représentants des forces nationales fidèles à sa politique, le groupe du mouvement national constitué avant les récentes élections présidentielles et qui comprend des partis et des personnalités politiques représentant une partie importante de l’opposition égyptienne, rompait son jeûne lors d’un rassemblement Ramadanesque qui n’était pas une conférence ou une réunion politique, mais une occasion sociale ordinaire.

Il semble que même les rassemblements les plus simples ne sont plus autorisés en Egypte. Dès le début de la rupture de jeûne du Mouvement National, ils ont été surpris par la coupure de courant et un groupe de voyous a pris d’assaut le siège du club suisse, attaqué les participants et cassé la place en criant « Vive l’Egypte », « Vive Sisi » et «Non pour les traîtres, les agents et les espions ». Ce qui a causé des  blessures à M. Farid Zahran, chef du Parti Démocratique Egyptien, M. Khaled Daoud, ancien chef du Parti de la Constitution, M. Ahmed Fawzi, avocat et juriste, et M. Abdel-Azim Hammad, ancien rédacteur en chef d’Al-Ahram. En plus, les participants ont subi d’autres diverses blessures et contusions ainsi que l’intimidation morale.

Le groupe de voyous est parti sans être pris. Tout cela est arrivée en l’absence de toute sécurité malgré la proximité de l’incident du département d’Imbaba et du tribunal de Gizeh et lorsque la victime a contacté la police, elle est arrivée à la rescousse après plus d’une heure de l’incident et a refusé de publier un rapport sous le prétexte de l’évasion des suspects, ignorant leur tâche principale de protéger les citoyens.

Mercredi matin, certains sites d’information pro-régime ont publié une histoire fabriquée selon des témoins anonymes déclarant que la querelle a eu lieu après des affrontements entre les membres du mouvement, déclenché suite une dispute sur l’organisation des tables. Une bagarre s’est éclatée et des garde-corps ont intervenu en soutenant une des partis de la querelle.

Il est à noter que les membres du Mouvement National sont sous poursuite légale en raison d’une déclaration qu’ils ont émise appelant à boycotter les élections présidentielles après les violations survenues aux candidats. Cet acte de violence survient la nuit du procès du candidat qui s’est retiré des élections, « Khalid Ali » après lui fabricant une accusation malveillante.

Centre DAAM note que cet incident, même si il représente un nouveau développement dans l’utilisation de la violence par le régime contre les forces civiles, n’est pas très différent du contexte de la poursuite des pratiques violentes héritées des régimes précédents contre lequel le peuple égyptien s’est révolté.

DAAM souligne également que ce processus représente plus de  répression des mouvements de changement pacifique et transmet un message fort à tous les groupes démocratiques de ne permettre à personne de participer à la vie politique égyptienne sans adhérer pleinement au régime actuel, et même ne pas permettre l’exercice d’une vie normale à quiconque tente de former une forme d’opposition pacifique, ce qui ouvre la porte à des groupes extrémistes susceptibles d’attirer davantage d’éléments qui n’ont pas trouvé de répit de manière démocratique.

Le Centre appelle également le procureur général, le pouvoir judiciaire égyptien, le ministre de l’Intérieur et le pouvoir exécutif à prendre des mesures d’enquête urgentes pour rendre compte des suspects de cette infraction. Il n’y a pas de différence dans les droits de citoyenneté entre un citoyen qui soutient le régime politique et un opposant.

DAAM souligne aussi  la nécessité de revoir la façon dont laquelle le système politique égyptien actuel fait face à l’opposition officielle et signale l’impossibilité de continuer à la traiter d’une logique purement sécuritaire.

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